Couverture de Consolation à ma mère

Consolation à ma mère

Trois générations de femmes iraniennes, du silence à Femme, Vie, Liberté

« La femme iranienne n'est pas une personne : c'est une abstraction… Ce livre ne le fera qu'ici, une fois, franchement. Les visages viendront après. »

« Te voici. Il fallait bien commencer par les aïeules : on n'entre pas chez toi de front. »
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« La femme iranienne n'est pas une personne : c'est une abstraction… Ce livre ne le fera qu'ici, une fois, franchement. Les visages viendront après. »

De la promulgation du dévoilement obligatoire en 1936 sous les ciseaux des gendarmes, jusqu'aux flammes libératrices du mouvement Femme, Vie, Liberté en 2022, ce récit retrace la trajectoire invisible mais implacable des femmes iraniennes. À travers l'histoire intime de trois générations — une veuve bravant l'autorité pour une poignée de pièces d'argent, une mère divorcée fuyant sa province pour s'émanciper à Téhéran, et des cousines qui renvoient le mot « répudiation » à l'envoyeur —, l'auteur met en lumière la réaction en chaîne qui a mené tout un peuple de l'ombre du silence à la révolte des visages.

Construit avec la rigueur et la poésie d'une véritable partition musicale, Consolation à ma mère entrelace la mémoire intime, l'exil et la grande Histoire. C'est l'histoire d'un geste unique — un foulard noué, dénoué, apaisé, puis brûlé — qui traverse un siècle de résistance pour éclater aujourd'hui en un cri universel.

Pourquoi lire ce livre

Les quatre mouvements du livre

Douze récits ciselés — une partition en quatre mouvements et une coda

I. Le silence

Trois femmes, un même silence gardé

Chapitres 1–3

Le silence n'était pas en elles ; il était autour, comme un pays. La veuve d'Esfarâyen affronte un gendarme pour un foulard brûlé, puis pour des pièces d'argent volées ; Batoul, à Bojnord puis Chahr Rey, divorce et refait sa vie seule.

Les scènes
  • Le foulard brûlé (Esfarâyen, 1936)
  • Les pièces d'argent et la lettre au roi (1938)
  • Batoul, Chahr Rey (1965)

II. Ce que l'exil a pris

Un salaire, un concours, un foulard

Chapitres 4–6

L'exil n'a rien arraché d'un coup : il a attendu que tout soit posé sur la table, et il a pris. Deux salaires qui ne font pas le même métier, un concours d'entrée à l'université repassé en vain, un foulard noué chaque matin pour entrer chez les pauvres de Machhad.

Les scènes
  • Les deux salaires
  • Le bachotage — S et P
  • Le foulard de Machhad

III. Ce que l'exil n'a pu prendre

Un savoir, une ruse, deux départs

Chapitres 7–10

Le courage, chez elle, n'a jamais été un mot ; c'était un dossier, un billet, une date. Une ville sans bachelière, un mensonge bien fait dans un bureau de rectorat, un premier départ compté en rentrées puis un second sans retour, et trois cousines qui, à leur tour, ont répudié.

Les scènes
  • Le baccalauréat, l'institutrice (1961)
  • Le rectorat de Chahr Rey (1970)
  • Le double départ (1962–1976)
  • Farideh, Nahid, Khadijeh

IV. La consolation

Une scène volée à une autre mère

Chapitres 11

Sénèque écrivit la sienne depuis la Corse, à une mère restée à Rome : l'exilé consolait celle qui n'avait pas bougé. Ici tout est inversé — l'exil, c'est elle qui l'a porté, et la consolation lui revenait. Une scène à Hamadan, autour d'une aïeule qui n'est pas la mère de la narratrice.

Les scènes
  • Hamadan (1968)

Coda — L'image rendue

Le foulard brûle, et elles dansent

Chapitres 12

Jina Mahsa Amini meurt à Téhéran en 2022, trois jours après son arrestation pour un voile mal porté. Les filles sortent, ôtent le foulard en marchant — le même geste que celui de la mère, deux générations plus tôt — et crient trois mots : femme, vie, liberté.

Les scènes
  • Femme, Vie, Liberté (automne 2022)
Ce livre est construit comme une partition : douze cellules brèves tressent trois voix — la chair (le souvenir, en prose nue), la basse (l'interlude en italique, des faits et des dates, jamais un commentaire) et l'adresse (le présent, la deuxième personne, la consolation elle-même). Une mélodie les traverse : le même foulard, arraché, choisi, apaisé, puis brûlé librement.

L'auteur

Portrait de Djamchid Dalili

Djamchid Dalili

Ingénieur de l'École Polytechnique (X1979), docteur en physique nucléaire, fondateur de DiamPark et de la 3W Academy.

Après Le long chemin d'une vie, consacré aux mémoires de son père, Djamchid Dalili se tourne ici vers les femmes de sa famille — sa grand-mère paternelle, sa grand-mère maternelle Batoul, et sa mère — pour écrire, depuis l'exil, ce que le silence n'avait jamais dit.

Consolation à ma mère est son premier texte littéraire, construit comme une partition en douze pièces brèves.

Ce qu'en disent les lecteurs

En le lisant, j'ai reconnu ma propre grand-mère, sa manière de plier les choses en quatre, de ne rien jeter, de tout endurer sans un mot de trop. Djamchid Dalili réussit quelque chose de difficile : parler de l'histoire des femmes iraniennes sans misérabilisme et sans grandiloquence. Chaque chapitre est court, mais il porte le poids d'une vie entière. La scène de Hamadan, à la fin, m'a bouleversé.
Farshid K. Lecteur d'origine iranienne
Une très belle réussite littéraire. La forme en douze cellules brèves, tressée de trois voix, fonctionne remarquablement : on sent le travail de composition derrière chaque page, jamais démonstratif. C'est court — vingt-quatre pages — mais rien n'y est de trop, et on y revient. Un texte à faire lire à qui pense que l'histoire de l'Iran se résume aux titres des journaux.
Claire M. Enseignante de lettres
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