L'enfance (1926–1946)
Les fondations
La date inventée, le fusil dans les combles, les serpents de la resserre, l'eau volée la nuit, l'école emportée par les flots, le foulard de ma mère, les Russes dans la citadelle.
Une vie iranienne, de Reza Chah à la révolution de 1979 — Édition du centenaire
Vous avez peut-être connu le fils. Vous aimerez le père.
Commander le livre — 18,30 €Il aurait eu 100 ans cette année. S'il avait survécu à l'AVC, aux deux cancers, au triple pontage, à l'ablation de la vésicule sans anesthésie — une histoire qu'il racontait en haussant les épaules, comme si la douleur était un détail technique.
Il est mort en 2017, à 91 ans. Il avait laissé ses mémoires dans un tiroir : 700 000 signes, deux volumes manuscrits, écrits pour sa famille, pour que nous sachions d'où nous venions.
Je les ai repris. J'en ai fait une version abrégée, 36 chapitres, avec une règle : que sa voix reste la sienne. Que le lecteur entende l'accent de son récit authentique.
Son parcours traverse le siècle : l'enfance dans un village du Khorassan, les prisons du Shah, un doctorat obtenu à Paris, la révolution de 1979, l'exil. Il y a tout cela dans Le long chemin.
Un gendarme s'arroge les économies de ma grand-mère — des pièces d'argent de l'époque de Nassereddin Shah — sous prétexte qu'un vieux fusil traîne dans les combles. Elle ne sait ni lire ni écrire. Elle écrit à Reza Shah. Un mois plus tard, le gendarme est en prison.
Ma grand-mère ne savait ni lire ni écrire. Elle a écrit au roi. Mon père a écrit ses mémoires pour que nous sachions. Aujourd'hui, je les publie. C'est cela, transmettre : choisir ce qu'on raconte, et à qui.
Né en 1926 dans un village du Khorassan, Gholamhossein Dalili traverse un siècle de bouleversements : l'enfance sous Reza Chah, l'occupation soviétique, les années Mossadegh, le coup d'État de 1953, vingt ans de prison et d'exil intérieur, une carrière d'agronome obstiné, et enfin la révolution qui renverse le Chah.
Ce n'est pas seulement l'histoire d'un homme. C'est le portrait vivant d'un Iran rural et urbain, de ses injustices ordinaires et de ses résistances silencieuses : un fusil caché dans les combles, une mère qui défie un gendarme corrompu, des serpents tolérés dans la resserre, une bourse universitaire volée par la corruption, un discours prononcé sous la menace des balles, les cris d'« Allah-o Akbar » sur les toits.
À travers trente-six chapitres ciselés comme des anecdotes, l'auteur raconte comment il a appris que la stupidité est plus dangereuse que le mal, que la patience finit par triompher de l'injustice, et que le vrai pouvoir réside dans la lucidité et le travail acharné.
À chaque épisode répond un éclairage philosophique inspiré des grands penseurs — Schopenhauer, Nietzsche, Jung, Machiavel, Bonhoeffer, Montaigne, Harari — qui prolonge l'expérience vécue en une méditation universelle sur la bêtise humaine, la dignité, la résistance et le sens d'une vie bien menée.
« Ce n'est pas pour moi que j'écris. C'est pour ceux qui viendront après. Pour qu'ils sachent que la vie, même la plus dure, peut être belle. »
Traduction du persan par Madame Azita Hempartian.
Les fondations
La date inventée, le fusil dans les combles, les serpents de la resserre, l'eau volée la nuit, l'école emportée par les flots, le foulard de ma mère, les Russes dans la citadelle.
L'éveil politique
Le voyage à Sabzevâr, la lutte avec Javad, le Parti des Ânes, les bons du trésor de Mossadegh, le choix fatal, la fuite déguisée en femme.
La matrice
L'université nommée Prison, les pièces d'échecs en pain, le cours de matérialisme, la libération sans triomphe.
La reconstruction
Bandar Lengueh, le casier judiciaire vierge, les cours du soir et les traîtres, l'étudiant qui trichait, la distribution de tracts.
Le fruit des épreuves
Premier sur liste noire, l'interprète malgré eux, le professeur Descamps, la mention très honorable.
Le combat quotidien
Le bureau en deux, le palais d'Aryamehr, l'adjoint opiomane, la bourse australienne volée, la lettre de quatorze pages.
L'aboutissement
Le discours sous les balles, Allah-o Akbar sur les toits, l'élection avortée, le livre enfin publié.
Gholamhossein Dalili
L'auteur
Né en 1926 à Esfarâyen, dans le Khorassan iranien.
Agronome, entomologiste, docteur de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris).
Instituteur, prisonnier politique, professeur d'université.
Auteur d'ouvrages scientifiques sur la lutte non-chimique contre les ravageurs.
Décédé en 2017 à quatre-vingt-onze ans, après une vie de résistance et de savoir.
Djamchid Dalili
Éditeur de l'édition du centenaire
Fils de l'auteur. Ingénieur de l'École Polytechnique (X1979), docteur en physique nucléaire.
A condensé les mémoires originales (700 000 caractères) en 36 chapitres, enrichis d'éclairages philosophiques.
Fondateur de DiamPark, chercheur en neurosciences appliquées.
Bravo pour cet hommage filial, la transmission d'une vie remarquable et le témoignage d'un Iran mal connu. Un passage de relais touchant et un éclairage salutaire. De là-haut, il est fier de toi !
Magnifique, cher Djamchid. Merci de ce fabuleux message, plein d'enseignement et quel parcours de vie. On se sent petit face à de tels hommes sans oublier les femmes et nos mères qui affrontent la vie dans le silence. Respect.
Bravo Djamchid pour ce travail. Merci de partager et transmettre ainsi l'histoire extra-ordinaire de ton père.
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